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HENDAYE
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El sueño de Iñaki.


El sueño de Iñaki.

Par Axel Brücker



   Comme tous les samedis, Iñaki, se rend au Diplomate, le bureau de tabac de la frontière. Un bureau de tabac qui ne vend pas beaucoup de tabac, vu que quelques mètres après le pont Santiago, les cigarettes sont vendues à moitié prix et que l’on peut acheter, en même temps, du pastis, des sombreros, un toréador et son taureau siglé « Recuerdo de España ».


Comme chaque samedi, Iñaki achète machinalement son billet du Loto, qu’il continue d’appeler « billet de la Loterie Nationale », vu que cela fait plus de trente ans qu’il tente sa chance.


Il aime bien Le Diplomate qui lui rappelle son enfance, lorsque  son grand-père l’emmenait sur le pont d’Hendaye et qu’il lui racontait la guerre d’Espagne… « No pasaran ! ». Il lui chantait la chanson des patriotes « El puente de los Franceses… el puente de los Franceses… titati tala titatilalère… »


Le patron du Diplomate, qui s’est reconverti, pour sauver son tabac, en  station-relais de La Redoute , ce qui lui donne une nouvelle animation avec toutes ces jeunes mamans abonnées au catalogue de La Redoute venant chercher leurs paquets, dit à Iñaki : « Salut, Loyola ! »


Loyola, c’était son surnom à l’école, parce qu’il n’avait pas le droit de s’appeler Iñaki et que les professeurs l’appelaient donc Ignace. Alors, on le surnomma Loyola… allez savoir pourquoi !


« Allez, Loyola, montre-moi ton ticket de samedi dernier, des fois que je te le rembourse ! »


Le patron mit plus de dix minutes à vérifier et à valider tous les numéros qui correspondaient aux résultats du tirage…  « Oh ! putain ! » Une maman se retourna, offusquée.


« Mon salaud! » corrigea-t’il. « 05, 59, 20 et 70… oh mon salaud!… et 64 et 700… oh ! putain… trois millions d’euros ! Tresss millionesss de eurosss! Tu as gagné trois millions d’euros ! »


Iñaki n’en revenait pas… “trois millions d’euros ? Mais… ça fait combien en francs ? Trois millions d’euros ?”


Le patron avait pris sa calculette… « trois millions… a ver, a ver…dix-neuf millions et six-cent-soixante-dix-huit mille-sept-cent-dix francs ! Presque vingt millions ! … Deux milliards ! »


La maman-Redoute se rapprocha d’Iñaki en le contemplant avec admiration. « De quoi acheter le catalogue de La Redoute en entier »… pensait-t’elle.


Iñaki était abasourdi, sans voix. Son numéro de téléphone et le code postal de sa ville venaient de faire sa fortune… «gaixoa… gaixoa» lui aurait dit son père avec affection.


« J’appelle tout de suite La Française des Jeux. Ils viendront te remettre ton prix ou ils te demanderont d’aller à Paris. Avec ça, même les Espagnols vont venir acheter leurs cigarettes au Diplomate ! »


Quelques heures et… quelques verres avec les mamans plus tard, Iñaki rentrait chez lui, rue de Caneta, et c’est en traversant le pont au dessus de la voie ferrée qu’il fut émerveillé par un panneau publicitaire géant !


 

 -ENTREPUENTES- 

                                

ENTREPUENTES


                                                                                     -AQUI SE VENDE-



Le bureau de vente était fermé.

Un Espagnol qui travaillait sur le chantier éclata de rire et apostropha gentiment Iñaki « Quieres comprar un piso o qué ? » et voyant qu’Iñaki avait un accent hendayais, il ajouta en français « on a fermé depuis longtemps lé bureau de vente ichi, personne n’achetait. Lé seul qui a signé oun bon de commande, c’était oun Hendaiar et il croyait qué c’étaient des anciens francs !… No, il faut qué tou ailles al otro lado, a Donostia. Là-bas, on peut té vendre oun piso. Lé plous cher c’est là-haut, de ce coté, con la vista sobre el trén, comme ça tu peux voir el Topo arriver ! Il reste dos pisos à, à peu près, mas o menos, oun million de euros… dépêche-toi ! En plus, si tou dis qué tu es Francès, ils vont té faire la fête ! »


Le soir venu, dans sa chambre de la rue de Caneta, Iñaki s’endormit doucement en rêvant à Entrepuentes, et à l’appartement qu’il pouvait s’acheter avec le tiers d’un billet du loto, le tiers de son numéro de téléphone… Entrepuentes… entremilliones… entre los trenes, y los tres milliones et avec, au loin, la vue sur le pont d’Hendaye…


« El puente de los Franceses… el puente de los Franceses… titati tala titatilalère… »


Et voici le rêve qu’il fit cette nuit là…


         ….Cliquez sur le lien ci-dessous :  (recommandé en haut-débit)

           http://www.arrigain.com/video1.html

 Quand il se réveilla au petit jour, Iñaki ne savait plus s’il avait rêvé ou s’il avait fait un cauchemar.


Avait il rêvé du Loto ou seulement d’Entrepuentes ?


Mais il savait déjà qu’il resterait toute sa vie… rue de Caneta.


A.B.




PS: Hier soir, samedi 29 mars, vous avez passé le cap des 1000 visiteurs en trois jours!   Aupa Hendaia!

Pour nous contacter:  hendayeblog@orange.fr

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